Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 14:43

Après les déclarations de candidatures de Ségolène Royal et de DSK, plusieurs appels à la constitution d’un « ticket » commun ont été lancés sur notre forum FFE. La motivation de cet appel est respectable : il s’agit de reconnaître les qualités des deux candidats et de renforcer l’unité du Parti en faisant en sorte qu’ils soient non pas opposés mais réunis.

Il faut pourtant montrer, avec le risque de passer pour un camarade sceptique, qu’il s’agit d’une fausse bonne idée, dont l’objet est plus de rassurer les camarades qui ont choisi de soutenir Ségolène Royal.

La Constitution (révisée 1962) prévoit l’élection au suffrage universel du seul Président de la République. Il n’y a pas de vice-président comme aux États-unis, il n’y a pas de suppléant  comme pour les députés, il n’y a pas de suivant de liste comme pour les sénateurs au scrutin majoritaire. Si le président disparaît, une élection est immédiatement organisée.

Pour contourner cet obstacle sérieux, les partisans de la thèse, qui connaissent leur Constitution, proposent que le « ticket » soit un président et un premier ministre. Outre qu’il s’agirait d’un remake de la candidature Gaston Deferre à la présidentielle de 1969, accompagné de Pierre Mendès France qui s’était soldée par le plus grand fiasco électoral de la SFIO en 65 ans, il s’agit aussi là d’une erreur politique qui confond l’élection présidentielle issue du suffrage universel direct, et l’élection législative qui « désigne » comme premier ministre celle ou celui qui dirige ou qui du moins a le soutien du groupe de députés le plus nombreux. Quid si l’élection législative envoie une majorité politique différente : plus de ticket ! Quid si les élections législatives rendent nécessaires de choisir un premier ministre qui ne soit pas PS ?

Aucun présidentiable ne voudra être lié par un tel pacte d’autant qu’il ferait l’impasse sur les différences entre les candidats : ainsi DSK s’est prononcé pour un Président fort, qui ne soit pas au dessus de la mêlée, « les mains dans le cambouis » pour montrer la rupture avec Chirac. Et bien d’autres questions méritent clarification comme le nationalisme, le retour aux valeurs morales, la lutte contre le chômage, la construction européenne,….

La chanson des Beatles avait d’ailleurs bien anticipé cette délicate question constitutionnelle, puisqu’elle dit « she’s got a ticket to ride, but she don’t care », « elle a un ticket pour gagner, mais elle s’en moque » !

On parle d’un ticket Ségolène Royal – DSK, mais pas d’un ticket DSK - Ségolène Royal, ni Ségolène Royal – Laurent Fabius, pourtant largement plus complémentaire avec Ségolène Royal sur le positionnement à gauche, sur le non au referendum, sur la compétence économique. Et je n’ose évoquer le beau ticket qu’auraient fait (dans quel ordre ?) François Hollande et Ségolène Royal.

Il y aurait beaucoup d’autres arguments, mais je craindrai de lasser. Non, je pense que cet objet politique flottant a surtout pour objet de faire disparaître DSK à la trappe et d’éviter le débat. Ce serait  dommage : la grande force de notre parti, c’est le débat et le choix  démocratique qu’il ne faut pas craindre.

Nous avons 6 semaines devant nous pour faire valoir les qualités et les forces  de nos champions respectifs : profitons en ! Après quoi nous nous rangerons tous derrière le candidat choisi et nous ferons campagne pour battre la droite.

Richard Yung

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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 13:21
DSK a fait le pari d’ouvrir sur son blog le dialogue sur un thème différent chaque semaine. Il fait la promesse de répondre aux questions des internautes en fin de semaine. Il va ainsi pouvoir éclairer régulièrement les blogueurs sur son positionnement personnel sur des thèmes précis. Une très bonne idée !
Cette semaine : l’école. « j’aimerais recueillir vos interrogations, vos doutes, vos attentes à propos de la rentrée scolaire et de ce qu’elle implique (enseignement, pouvoir d’achat, etc.) »
DSK a déjà procédé à ce genre d’échanges sur des thèmes de discussions, par exemple en début d’année dans la série « DSK vous consulte ».
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 12:01
« Mon opinion est celle du peuple français » a répondu hier Ségolène à une question sur son opinion sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.
Cette déclaration pose un certain nombre de problèmes.
D’abord, cela revient à entériner la procédure de referendum instituée, à la demande expresse de Chirac, pour toute nouvelle demande d’adhésion à l’Union, ce qu’on a appelé à l’époque (28 février 2005) « l’amendement turc » car il était destiné à rassurer l’électorat de droite sur l’entrée de la Turquie. Rappelons que les groupes socialistes à l’Assemblée nationale et au Sénat avaient combattu cette procédure, et défendu, sans succès il est vrai, des amendements supprimant l’article de loi. Notre position n’a pas changé, et nous nous opposons toujours à ce que les demandes d’adhésions soient soumises à referendum.
Ensuite, au-delà de la question turque, cela sous-entend qu’un homme (ou femme) d’Etat n’a pas à avoir de position. Cette conception de la politique est contraire à la notion de responsabilité et d’engagement, le fondement de la démocratie. L’élection n’a de sens que si l’élu a pris des engagements, annoncé des orientations que l’électeur a approuvés. Sinon, à quoi bon voter ?
Enfin, elle me semble très dangereuse. Si par exemple un referendum était organisé, et gagné, sur le rétablissement de la peine de mort, l’opinion du président(e) de la République sera-t-elle « celle du peuple français » ? Bien sûr on répondra « c’est différent ». Mais la pratique politique doit être cohérente !
Aude Yung
Ex FFE
Secrétaire de la section de Vouvray
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 10:35

Téléchargez l’hymne de la campagne de Domnique Strauss-Kahn !

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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 10:16

L’idée lancée par Ségolène royal de soumettre les politiques publiques à une évaluation faite par des jurys populaires tirés au sort mérite que l’on s’y arrête.

Il est vrai qu’il existe une défiance en France vis-à-vis de la classe politique. C’est une idée ancienne, chantée depuis un siècle par l’extrême droite anti-parlementaire, (Deroulède), qui l’a décliné surtout sur le plan de la corruption individuelle (« tous pourris ! »), puis reprise par l’extrême gauche à travers le courant anarchiste et anarcho-syndicaliste, puis le PC (faisons la peau aux « sociaux traîtres »).
Il faut bien répondre à la critique : insuffisance de démocratie, élus ne consultant pas la population concernée, décisions non expliquées, élus ne mettant pas en œuvre leurs promesses. D’où l’idée de soumettre ces élus à « une surveillance populaire » (ce sont les mots employés par SR).

Il y a plusieurs exemples à travers le monde de pouvoir exercé par le peuple lui même, la démocratie directe ou semi directe : referendum en France, votations en Suisse, assemblée du peuple dans les cantons suisses dits primitifs, jurys des cours d’assises en France. Mais la proposition de la candidate à la candidature ne vise pas l’exercice du pouvoir.

Elle ne vise pas non plus le compte–rendu de mandat politique quel qu’il soit. On peut effectivement imaginer, au niveau municipal, de soumettre les actions dans le domaine des transports, des sports, de l’éducation et de la culture, par exemple, à un jury de citoyens tirés au sort, qui devraient émettre une opinion. La vraie question serait alors le statut de cette évaluation. Vaudrait-elle arrêt ou changement de politique ? On imagine assez bien que dans la période actuelle, la priorité donnée aux transports en commun à Paris se heurte à suffisamment d’opposition des automobilistes et des riverains pour être remise en cause par un jury de parisiens tirés au sort.
Ou bien serait-ce seulement une opinion, dont le maire et le conseil municipal pourraient ou non s’inspirer ? Je penche pour la seconde interprétation, car sinon cela consisterait à ériger un nouveau pouvoir politique non élu, qui contrôlerait et dirigerait les organes élus au suffrage universel. Cela a déjà été fait dans l’histoire : cela s’appelait « les soviets », qui contrôlaient les municipalités et le gouvernement, et le mot d’ordre d’octobre 1917 était « tout le pouvoir aux soviets ».

Comme cela n’est certainement pas la pensée de SR, il faut donc comprendre que ce qui est proposé, c’est une forme de comptes-rendus de mandat, à divers stades, et de dialogue entre les élus et la population représentée par un groupe restreint. Certains grincheux diront que les comptes-rendus de mandat sont mieux lorsque tout le monde peut y participer (l’exemple de Bertrand Delanoë faisant des réunions annuelles dans chaque des 20 arrondissements de Paris vient à l’esprit, ainsi que de nombreux autres maires de grandes et moyennes villes), et que les commissions de quartiers ont été mises en place dans de nombreuses municipalités pour cela.

Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit mais de « surveillance populaire » : c'est-à-dire avec un pouvoir de sanction ou du moins de dénonciation. C’est en quelque sorte le Conseil des Dix de la Sérénissime République de Venise, qui jugeait et condamnait sur la base des rapports et des dénonciations qui leur parvenaient à travers les bocca di leone « les bouches de lions ». Non, je ne pense pas que sous cet angle, la surveillance populaire soit une bonne idée.

Je pense par contre qu’il y a une autre application de cette idée qui serait bien plus riche. L’entreprise est le lieu le plus important de notre vie de salarié (la famille mise à part, et encore !). C’est aussi le lieu où il existe le moins de consultations, de débats et de démocratie.
Dans les années 1970, au PSU puis au PS, nous avions théorisé cette aspiration sous la forme du concept d’autogestion et de contrôle. C’est certainement le point sur lequel la gauche depuis 1981 a été le moins active : la gestion tripartite des entreprises publiques, les lois Auroux, et c’est à peu près tout !

Voilà où l’initiative de SR pourrait être un complément utile au projet socialiste : relancer l’idée d’un contrôle des travailleurs sur les décisions importantes de leur patron et, sous certaines conditions, donner un droit de veto ou de report à l’assemblée générale des travailleurs et salariés. C’est une idée indiscutablement de gauche, qui touche au pouvoir, et que DSK comme Fabius pourraient reprendre, sans polémique et de manière constructive : une campagne d’idées dont nous sortirions tous renforcés.

Richard Yung

Par Le Monde avec DSK - Publié dans : Actualité
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