Dimanche 31 décembre 2006
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Le meeting parisien au Zénith le 26 octobre aura peut-être été un tournant dans la campagne. Le fait que Ségolène, la candidate de l’appareil du parti, ait été sifflée comme n’importe quel orateur, a écorné son image de madone intouchable.
Certes, les sifflets sont une pratique déplaisante, mais on ne peut s’attendre à ce que 6 000 militants, privés de débats directs, écoutent sans broncher. Et il faut souligner que les premiers sifflets du meeting, visant Laurent, sont venus des rangs de jeunes ségolénistes parmi lesquels Thomas Hollande, membre de l’équipe de campagne de sa mère, juché sur une chaise. Ces fameux sifflets ont exprimé les réactions des militants : en direction de Laurent, lorsqu’il a abordé le thème de l’Europe ; en direction de Ségolène, à chacune de ses phrases creuses sur la démocratie, le peuple, etc, et en général à l’accablante nullité de son discours.
Qui n’a pas été sifflé, qui a établi un dialogue chaleureux avec la salle ? Dominique. Qui, plus généralement, ne suscite aucun rejet, a l’estime de tous, et donc peut rassembler sur son nom ? Dominique !
Pour écouter son (très bon) discours :
http://www.dailymotion.com/Razzye/video/xk0w3_dominique-strausskahn-au-zenith
Résultat immédiat dans les sondages : Ségolène perd 15 points en une semaine. Nous ne faisons pas des sondages un instrument de campagne, mais c’est un rude coup pour celle qui base toute sa stratégie sur les sondages (« puisque je vais gagner, il ne faut rien faire contre moi, ce serait m’affaiblir »).
Laurent et Dominique gagnent chacun 5 points. L’équipe de Ségolène redoute que Dominique devance Laurent : « si DSK est en deuxième position, il mettra Ségolène en ballottage et s’il y a un second tour elle a un sérieux risque de perdre », selon un dirigeant socialiste proche de Ségolène.
Continuons à défendre DSK, la clarté et la constance de ses propositions, son discours de vérité pour une sociale-démocratie renouvelée.
Par Le Monde avec DSK
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Dimanche 31 décembre 2006
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Quelques remarques sur les « lettres » des candidats.
Celle de Ségolène est très décevante, car il manque beaucoup de choses, pour autant dire l’essentiel : sa vision de l’avenir de la France, de sa place dans le monde, de l’Europe. Sur les Français à l’étranger en revanche, il y a tout : Ségolène en super-conseillère à l’AFE fait sur deux pages un catalogue exhaustif et catégoriel. On se demande comment tout cela est finançable… A comparer avec l’exigence de vérité défendue par Dominique : « ne promettre que ce que l’on pourra tenir »
Celle de Laurent affirme sans surprise, un positionnement à gauche, avec comme mesure emblématique l’augmentation du pouvoir d’achat. A peine voilée, une critique de l’action du gouvernement Jospin – les jospinistes apprécieront. Il manque, comme chez Ségolène, les grandes orientations de sa politique française et internationale. Ses propositions pour la relance de l’Europe sont faibles – on est loin du sursaut annoncé par le rejet du projet de constitution. Sur les relations avec les USA une formule vague qui ménage l’avenir.
Seul Dominique s’adresse aux militants en leur présentant des options fondamentales, une pratique politique et des valeurs.
Par Le Monde avec DSK
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Dimanche 31 décembre 2006
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En point d'orgue d'une convention fédérale 2006 particulièrement réussie - félicitations au bureau et au premier secrétaire fédéral - nous avons pu, le 29 août, écouter et débattre avec les candidats à la primaire PS pour les présidentielles, du moins ceux qui ont bien voulu répondre à l'invitation : Laurent Fabius, Jack Lang, Dominique Strauss Kahn. Un sujet de satisfaction pour nous tous : les propositions de la FFE, celles qui sont dans le Projet socialiste (les députés, la cotutelle MEN et MAE sur l'AEFE) comme les autres (décentralisation et responsabilités de l'AFE, moyens pour le réseau consulaire et la protection sociale, agence culturelle) ont bien été entendues et intégrées par les candidats.
Ce qui est apparu clairement, me semble-t-il, c'est une différence marquée entre L. Fabius et DSK sur deux points :
- Le premier pense qu'il est possible de renégocier une nouvelle Constitution européenne qui reprendrait essentiellement les parties 1 (institutions), 2 (social) et 4 (amendements au TCE) alors que DSK estime que nos partenaires, en particulier l'Allemagne, ne sont pas nécessairement disposés à suivre aussi facilement la France et qu'il y a d'abord une confiance à reconstruire ;
- Une volonté de L.Fabius de compléter le Projet qu'il considère comme insuffisant sur plusieurs points et sur l'analyse du passé alors que DSK s'est défini plutôt en futur Président s'engageant sur quelques grandes orientations (l'énergie, la recherche, lutte contre les inégalités, Europe, aide au développement)
Je retire de cette rencontre l'impression que trois candidats sont décidés (L. Fabius, S. Royal, DSK) et que ce sont ces trois là que nous retrouverons pour le vote, le 15 décembre. Pour ma part, je soutiens la candidature de DSK.
Socialiste et Européen, ayant l'expérience de maire d'une grande ville de banlieue défavorisée (Sarcelles) ayant plutôt bien réussi l'intégration de ses nouveaux citoyens, ministre de l'économie et des finances, de l'industrie reconnu au niveau international, il peut donner corps aux aspirations de la France du 21ème siècle.
Son engagement pour les questions de société, son refus de céder à toute facilité populiste, sa contribution au débat font de lui un héritier de nos grands dirigeants socialistes. Il représente un socialisme moderne et humaniste, audacieusement et authentiquement populaire, chaleureusement républicain et fortement réaliste.
Richard Yung
Par Le Monde avec DSK
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Dimanche 31 décembre 2006
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16:18
Le débat télévisé du 17 octobre a eu pour mérite de dédramatiser la confrontation entre les candidats à l’investiture du PS. Espérons que ceux qui y étaient réticents acceptent maintenant la tenue de larges et vrais débats dans les sections et fédérations…
Ceci étant, on s’est un peu ennuyé. Ségolène Royal, histoire de prouver qu’elle s’y connaissait en économie (la moindre des choses, pour un candidat à la présidentielle !), nous a infligé un laborieux cours d’économie. Pour le reste, des idées généreuses et générales, peu de propositions, ou alors très vagues, et une philosophie politique qui consiste à étendre à la France le modèle régional. Laurent Fabius a tenu un discours très étatiste et figé sur les revendications traditionnelles de la gauche. Il a promis tout, et tout de suite (dès qu’il sera élu, chaque mois il se passera quelque chose), et par-dessus tout le smic. Dominique Strauss-Kahn a insisté sur le pragmatisme (le progrès se fait par étapes), le dialogue social et l’exigence de dire la vérité.
A travers les réponses des trois candidats à des questions comme la santé et le vieillissement, ou le pouvoir d’achat, les différences entre leurs façons d’exercer le pouvoir sont apparues clairement. Par exemple le « pacte de l’Elysée » proposé par Dominique : on met autour de la table tous les partenaires sociaux pour discuter et avancer sur les retraites, le pouvoir d’achat, l’emploi, la sécurisation des parcours professionnels…. Ainsi pourra être instaurée la confiance (moteur de la croissance) issue d’un dialogue et d’un compromis social. Laurent insiste plus sur le principe de la loi donnant une dimension plus autoritaire dans son action présidentielle. Ségolène maintient l’idée du dialogue direct avec les Français, dans une vision plus « gaullienne ».
Si on peut plaider que Ségolène a gagné parce qu’elle ne s’est pas plantée, celui qui monte, c’est Dominique. Il est le seul à avoir une vision globale pour l’avenir, à avoir montré de l’enthousiasme et une grande force de conviction.
Par Le Monde avec DSK
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Dimanche 31 décembre 2006
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Le projet socialiste fixe les objectifs que les socialistes veulent atteindre par l’action gouvernementale. Le programme d’un candidat à l’élection présidentielle doit présenter des priorités, un échéancier, une méthode et un financement, en un ensemble dynamique. Nous sommes donc en droit d’exiger des candidats qu’ils exposent un programme cohérent et non une mosaïque d’idées changeantes que la première crise de gouvernement fera voler en éclat.
C’est pour cette raison que je fais confiance aux idées de Dominique Strauss-Khan. Son cap est fixé. Dans son discours, les propositions du projet socialiste sont classées par ordre de priorité et organisées entre elles : rétablissement de la confiance par la négociation sociale, d’où la croissance économique fondée sur l’innovation technique, qu’un peuple bien formé à l’école et à l’université saura développer, d’où le plein emploi. Transition vers une économie à faible consommation d’énergie par l’innovation, le maître mot, d’où une véritable action contre le changement climatique. La spirale vertueuse qui remettra la France sur la voie de la justice sociale dans la prospérité, et qui rendra à la politique sa crédibilité est clairement tracée.
C’est pour la même raison que les idées Ségolène Royal m’inquiètent. Il me semble qu’elle envoie des cerfs-volants dans le vent, de préférence à contre-courant de notre parti : « encadrement militaire des jeunes délinquants », « surveillance populaire » des élus, éducation réduite à la « transmission des interdits » et à la « mise au carré des familles ». Dans un second temps, en fonction des réactions, elle ramène le cerf-volant et change quelques couleurs : « l’encadrement militaire » devient « camp humanitaire », la « suppression de la carte scolaire » devient « l’adaptation de la carte scolaire », la « surveillance populaire » devient « jury de citoyens ». Pour l’éducation, si des protestations un peu vives s’élèvent, n’entendrons-nous pas un autre discours demain ? La « mise au carré des familles » serait alors définitivement oubliée. Quant à « l’immigration décentralisée », elle a disparu dans le vol retour Dakar - Paris. Il n’en est plus question. Quelles idées ces formules recouvrent-elles réellement ?
Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement. Un vocabulaire en perpétuel métamorphose trouble les idées, les repères : sommes-nous à droite ? A gauche ? Qui parle ? A qui ? C’est le flou.
J’attends du candidat socialiste à la présidence de la République qu’il prenne ses responsabilités et non qu’il décide de son offre électorale en fonction des orientations de l’opinion. Que le candidat propose ses choix au peuple afin que les citoyens se déterminent en connaissance de cause.
Monique Cerisier-Ben Guiga
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